nos visages-flashs ultimes

La rédaction
La rédactionLa Rédaction s’empare des outils de l’information et décortique les images de notre espace public : un travail de réflexion dont l’originalité n’est pas une coquetterie provocatrice, mais bien l’un des modes opératoires pour nous aider à penser des méthodes de communication qui, parce qu’elles nous envahissent, nous semblent familières.

Les portraits d’otages se multiplient autour de nous et les commentaires qu’ils suscitent se ressemblent tous. Comme si chacun ressentait le besoin de réagir face à des images révoltantes, mais sans pouvoir le faire, faute de mots. Partant de ce constat très simple, La Rédaction entreprend de rendre ces images d’otages plus « parlables », en mettant en avant ce qu’elles ont en commun. De cette analyse résulte une suite d’images méconnaissables, impersonnelles, devant lesquelles le spectateur devient lecteur et, débarrassé de son émotivité, peut enfin réfléchir au sens de ces images.

Nos visages-flash ultimes est un processus de production d’« art d’otage » comparable, dans une certaine mesure, à celui qui a provoqué, il y a plusieurs mois, la diffusion radio de proses affectueuses ou compatissantes, et l’affichage dans le métro de 4 x 3 m à l’effigie de « Florence & Hussein ». Toutefois, ce projet en diffère par sa fonction.Au départ, il s’agissait de rendre plus « parlables » les images d’otages si présentes dans les rues, les espaces publiques : images qui, bien que vues et revues, provoquent la parole comme une commotion : barbarie, horreur suscitent la répulsion. Il s’agit donc ici d’interroger un mécanisme émotionnel propre à la guerre par images-paroles.Questionnement mené avec les moyens spécifiques à La Rédaction : écrire un livre non par l’écriture purement « textuelle », mais en combinant des procédés techniques usuels choisis pour leur à-propos par rapport au sujet traité.

L’élaboration du livre :
– À partir d’une recherche Google : « hostages » + « Iraq » (ou tout autre pays médiatisé pour ses otages : Ossétie, Pakistan, Liban…), récupérer toutes les images et vidéos possibles.
– Puis, en utilisant des logiciels tels que Photoshop et Ultimate flash face (un logiciel banal pour faire des portraits-robots), transformer en équivalents-dessins les captures d’écran de visages d’otages.
– Intégrer ces visages, leurs expressions, dans des cadres [cheveux + contour-visage] récupérés dans Ultimate flash face.
– Enfin, ajouter en légende l’événement, le contexte correspondant au moment où l’image initiale avait été faite par les ravisseurs.

ISBN : 978-2-84761-863-8

292 pages | 16 x 22 cm | 39€

Postface de Thomas Mondémé :  Some new footage, postface à un art d’otage

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