La poésie motléculaire de Jacques Sivan

Jacques Sivan – et : Vannina Maestri, Jennifer K. Dick, Jean-Michel Espitallier, Emmanuèle Jawad, Luigi Magno, Gaëlle Théval

 

Sivan-couv

J’écris dans la lignée du « corps sans organes », du corps glossolalique d’Antonin Artaud et surtout de Raymond  Roussel. Je réfléchis non pas à un corps clos aux contours bien définis et aux fonctions hiérarchisées (âme, raison, organes), tel que nous l’a transmis la tradition humaniste, mais à la multiplicité de corps poreux, ouverts, instables ; de corps motléculaires d’autant plus énergétiques que l’on facilite leur permanente interaction. Grappes ou blocs de cellules vocales, aux colorations variables, qui se prononcent selon un dispositif qui tente d’instrumentaliser le hasard plutôt que de l’éliminer. 

le chantier poétique de Jacques Sivan (1955-2016) est certainement l’un des plus passionnant qu’il nous est donné d’explorer. Inventeur d’une écriture motléculaire (une écriture désaffublée des conventions et des codes contre lesquels l’auteur nous invite à résister), Jacques Sivan réinvente une langue qui reflète la complexité plurielle du monde tout en témoignant de son rapport au monde, de son expérience de vivre. Ici la poésie est pensée en action.

Je vis mon écriture comme une façon de voir et, inversement, l’action de voir comme mon mode d’écriture le plus intime, le plus vrai. On ne voit pas seulement avec les yeux mais avec tous les sens et aussi, dans tous les sens. Le corps est donc un dispositif sensitif complexe en perpétuelle mutation. Voir/écrire est un acte indissociable, dans la mesure où l’écriture est toujours un processus de réécriture, un processus d’ajustage des continuels écarts des/du sens.

Cette ouvrage, qui continue autrement ce chantier, donne à lire un important choix de textes écrits entre 1983 et 2016, sorte de bibliothèque portative qui permet d’appréhender toute la singularité de cette œuvre. En ouverture, les préfaces de Vannina Maestri, Jennifer K. Dick, Jean-Michel Espitallier, Emmanuèle Jawad, Luigi Magno et Gaëlle Théval nous offrent quelques pistes de lecture pour mieux aborder cette poésie hors du commun, notamment en pointant les liens affirmés entre cet univers poétique et ceux d’ainés tels que Denis Roche, Raymond Roussel, Charles Olson, Maurice Roche ou Marcel Duchamp…

15 x 21 cm / 456 pages / 25€

Isbn : 978-2-84761-715-3

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