Le narre des îles Schwitters
Beurard Valdoye

Le narré des îles Schwitters

Patrick Beurard-Valdoye

25€

Sortie : octobre 2007
Format : 15×21 cm
Nombre de pages : 320
Isbn : 978-2-84761-962-1

Patrick Beurard-Valdoye est un poète enquêteur : chacun de ses livres est le journal de bord d’une errance au cours de laquelle l’auteur s’immerge totalement dans un site et construit son récit à partir d’écoutes, de documents retrouvés, de paroles libérées… de ces informations éparses, il tire une substance en fonction du principe des coïncidences. Naît une écriture-mémoire, véritable créole beurardien où la langue charrie dialecte local, français actuel, et langue en devenir. Sont ici « narrés » l’errance et l’exil de l’artiste Kurt Schwitters à travers une Europe détruite par le nazisme.

On connaît mal l’exil des Allemands qui, fuyant le nazisme, optèrent pour la Norvège, terre de paix. Des peintres, sculpteurs (Ernst Müller-Blensdorf), écrivains, thérapeutes (Wilhelm Reich), des acteurs politiques (Willy Brandt). Dès l’invasion allemande, l’exode reprend. Se regroupent quelques réfugiés au nord de la Norvège qui traversent en Angleterre. Ils espèrent y trouver la liberté, ils connaîtront la captivité. Kurt Schwitters demeure interné sur l’île de Man dix-sept mois. Puis Londres sous les bombes ; il s’installe alors dans un village, berceau du romantisme anglais. L’île aux morts n’est pas loin. Le spectre du prix Nobel de la paix Fridtjof Nansen (explorateur, fondateur du Haut Commissariat aux Réfugiés) erre en filigrane.
Ni fiction ni récit ni essai biographique : le narré. Le narré comme instrument singulier susceptible d’arracher l’écriture au référent d’archive ou d’enquête — les fondements de l’ouvrage – pour lui conférer l’autonomie et la verticalité du poème : en prose, en prose cadencée, en versets, jusqu’au poème visuel. Le narré, de forme sans cesse mouvante, exprime la conscience du dire durant la réclusion, et sa mémoire.
Une île sait être refuge : destinée à l’utopie, elle est donc une station intermédiaire entre le possible et l’impossible. Mais une île peut avoir vocation d’enfermement. Cela dépend de la qualité du cordon ombilical qui la relie à son époque continentale. Ici les îles ne sont pas désertes. Elles naissent autant de l’art que du vécu de Kurt Schwitters en exil.
Et pourquoi Kurt Schwitters ? Parce que ses Merzbauten, comme son œuvre littéraire (spécialement son Ursonate) anticipent notre présent artistique. Enfin parce que son œuvre comme son attitude représentent un modèle face à toute société en banqueroute culturelle.

A PROPOS DE SCHWITTERS :
Kurt Schwitters (1887-1948). Refusé au Dada de Berlin par Huelsenbeck, il fonde un mouvement parallèle qu’il nomme Merz (découpe du mot Kommerz dans une annonce imprimée). En 1923, il crée son «grand œuvre » à Hanovre : le Merzbau [détruit en 1943], un ensemble de structures en bois et plâtre avec des cavités où s’encastrent ses travaux et ceux de ses amis. Schwitters étend sa conception de l’« art total Merz » à l’architecture, au théâtre ou encore à la poésie. Il est notamment l’auteur d’une œuvre fondamentale de la poésie sonore : l’Ursonate (1921-1932). Il se lie avec les constructivistes Theo van Doesburg et le russe El Lissitsky, et réalise avec eux la revue Merz parue entre 1923 et 1932. De 1930 à 1948, il se réfugie en Norvège pour fuir le nazisme. Il quitte définitivement l’Allemagne en 1937. Ses œuvres sont retirées des musées, et quatre d’entre elles sont présentées à l’exposition de l’« Art dégénéré » organisée à Munich par le régime nazi. Après l’invasion allemande en Norvège, il réside en 1946 à Ambleside en Angleterre. Schwitters, qui toute sa vie exploita et diffusa inlassablement les idées maîtresses d’un art du hasard et du déchet, doit à sa persévérance de figurer aujourd’hui parmi les artistes les plus avancés du xxe siècle. Ce « destructeur » particulièrement intelligent a fortement influencé de nombreux artistes, parmi lesquels, aux États-Unis, le groupe New Dada et Robert Rauschenberg.

Description produit

Patrick Beurard-Valdoye

 

BIOGRAPHIE

Beurard Valdoye

Né dans le Territoire de Belfort, au bord de la Savoureuse, il vit le plus souvent à Paris. L’élaboration de ses livres l’amène toutefois à une forme de nomadisme.

Lors d’un séjour en Irlande en 1974 il décide de se consacrer aux arts poétiques.

Dans les années 80, il dirige les Cahiers de Leçons de Choses, revue d’arts expérimentale (arts poétiques, arts plastiques, musique contemporaine) remarquée notamment par John Cage.

A la suite d’un séjour à Berlin en 1982, il entreprend “le Cycle des exils”, ensemble de livres “qui enchevêtrent les strates d’une Histoire de l’Europe, et plus particulièrement celle des rapports franco-allemands” (Emmanuel Laugier, Le Matricule des Anges).
Outre Allemandes (MEM / Arte Facts, 1985), quatre livres du cycle sont à ce jour parus aux éditions Al Dante : Diaire ; Mossa ; La fugue inachevée ; Le narré des îles Schwitters.
Le sixième volume est en préparation : Gadjo-Migrant.

Il a donné une centaine de récitals et performances dans une douzaine de pays. Deux CD audio Flux (Son@rt, 2002) et Schwitters du Nord à la mort (Hôtel Beury, centre d’art et de littérature de l’Échelle, 2007) reprennent quelques uns de ses récitals.
Ses textes sont traduits et publiés dans une dizaine de langues.

Le numéro 17 de la revue Il Particolare consacre un dossier à son travail (premier trimestre 2008).

Son activité de poète, exercée à temps plein, s’est souvent prolongée dans l’organisation de manifestations artistiques (fondateur de l’Écrit-Parade qu’il dirigea jusqu’en fin 1999) ; la coordination de dossiers de revues (il a dirigé le premier dossier consacré à Ghérasim Luca pour la revue Java) ; l’enseignement artistique (l’École nationale des Beaux-Arts de Lyon, où il conduit un atelier d’arts poétiques) ; et dans des études sur les arts plastiques (notamment sur Joseph Beuys, sur le peintre Rupprecht Geiger ou sur François Dufrêne).

BIBLIOGRAPHIE

Paru chez Al Dante

 

Autres parutions
  • Allemandes (mem / Arte Facts,1985)
  • Le Cours des choses, 26 Poèmes-fleuve vers un EuropA.B.C (dessins de P. Alechinsky, mem / Arte Facts, 1989)
  • Couleurre (éditions du Limon, 1993)
  • Lire Page Région (Tarabuste, 1998)
  • N’imite jamais le cri du héron (interventions plastiques d’Isabelle Vorle, Rencontres, 1999)
  • Le Secret des limbes intercepté (Carnets de la montagne froide, 2003)
  • Der Sprachenhausierer (Ithaka Verlag, Stuttgart, 2003)
  • Itinerrance, sites cités citains (Obsidiane, 2004)
  • Théorie des noms (Textuel, coll. « L’Œil du poète », 2006)
  • Notre étrange prison (L’Arbre à parole, collection Résidences, 2007)

DISCOGRAPHIE

  • Flux, Récital de poésie (CD – Son@rt, 2002)
  • Schwitters du Nord à la mort (Rencontres, 2006)

ÉTUDES SUR LES ARTS VISUELS

  • Rupprecht Geiger, Singulièrement un art de la couleur (fondation nationale des Arts, 1992)
  • Du trou de mémoire à la trouée météorologique (éditions du Limon, 1996)
  • Commémorer autrement dans l’espace public [sous la direction de] (école nationale des Beaux-Arts de Lyon, 2000)

 

SUR LE WEB

Information additionnelle