brossat

La démocratie

Alain Brossat

17€

Alain brossat
La démocratie

(coll. Documents)

13 x 17 cm / 180 pages
7 €
isbn : 978-2-84761-783-2

Dans les quatre essais qui composent ce livre s’ébauche ce que Foucault nommerait une analytique de la démocratie contemporaine en rupture ouverte avec les courants dominants de la science politique et de la philosophie politique. Il ne s’agit pas en effet de s’y demander ce qui définirait à proprement parler un régime démocratique, quelles seraient les normes de la culture démocratique, à quelles valeurs se réfèrent les usages démocratiques, en quoi consiste la vie démocratique, quelles en sont les institutions appropriées, (etc.) – mais de partir d’une tout autre question : de quelle espèce est l’opération contemporaine consistant à faire valoir le nom de la démocratie comme celui de la seule figure d’organisation et de vie politique acceptable et conforme aux exigences d’une vie civilisée ? Qu’est-ce qui est en jeu dans le balisage de notre présent par l’ensemble des discours tendant à accréditer la notion d’un horizon indépassable de « la démocratie », comme horizon du politique et de la vie commune ? De quoi cet usage du mot démocratie est-il la manifestation ou le symptôme ?

Il s’agirait donc bien de déplacer l’angle du questionnement, de se situer dans un autre champ. On ne se demandera pas dans ces textes ce qu’est en vérité la démocratie contemporaine, on n’en dénoncera pas les faux-semblants ou les illusions, on n’opposera pas à ces mensonges ou ces trahisons allégués ce qu’elle devrait être – on s’interrogera plutôt sur le point suivant : sous quelles conditions sommes-nous astreints aujourd’hui à parler de la démocratie, quels sont les principes d’agencement qui président à l’établissement de l’ordre des discours régissant la formation des énoncés à propos de « la démocratie » aujourd’hui ?

Ce qui constitue donc la trame de ces textes, ce ne sont pas des questions de définitions adéquates, ce n’est pas la critique des apparences fallacieuses ou des impostures des appareils de la démocratie contemporaines, c’est plutôt l’analyse du champ de forces et des jeux stratégiques de pouvoir qui s’établissent autour du nom de la démocratie dans nos sociétés et, d’une façon générale, dans les champs de tension produits par les dynamiques de la globalisation. Il s’agit donc de renoncer, dans l’approche de l’enjeu démocratique contemporain, à toute espèce d’essentialisme pour opter en faveur d’une optique dans laquelle prévaut l’observation et l’analyse des conflits et des disputes qui se nouent sans relâche autour de ce signifiant flottant par excellence – on pourrait dire aussi bien ce signifiant tendant constamment vers l’in-signifiant, l’évanescent ou le vide à force d’être surchargé, surinvesti, surexposé en tant qu’épicentre ou point d’intensification maximal de la lutte politique aujourd’hui, entendue comme lutte pour l’hégémonie, la prépotence – là où sont en question les jeux et conflits de puissance(s).

Sommaire :

Prologue

I. La démocratie comme mythe conquérant

II. Un mirage en Égypte (le paradigme El Aswani)

III. Contre la tyrannie du fait majoritaire

IV. Une démocratie des résistances ?

Mots puissants, trop puissants… (conclusion)

Description produit

Alain Brossat

 

brossat-dna-a8fc5BIOGRAPHIE

Alain Brossat enseigne la philosophie à l’université Paris VIII. Son enseignement est essentiellement axé sur la philosophie politique et la philosophie contemporaine. Il est également membre du comité de rédaction des revues LignesDrôle d’époque et Asylon(s), ainsi que membre du comité de lecture des Éditions La Fabrique. Il est également membre de l’équipe éditoriale du réseau scientifique TERRA.

BIBLIOGRAPHIE

Aux origines de la révolution permanente (Maspero, 1974)

Antimilitarisme et révolution : anthologie de l’antimilitarisme révolutionnaire (avec Jean-Yves Potel – UGE, 2 volumes, 1976)

Les Antilles dans l’impasse ? (Éditions carabéennes, 1981)

Agents de Moscou (Gallimard, 1988)

Le Yiddishland révolutionnaire (avec Syvia Klinberg – 1983, réédition Syllepse, 2009)

Le Stalinisme entre histoire et mémoire (Éditions de l’Aube, 1991)

Les Tondues, un carnaval moche (Pluriel Hachette, 1993)

Libération, fête folle (Autrement, 1994)

L’Épreuve du désastre : le xxe siècle et les camps (Albin Michel, 1996)

Fêtes sauvages de la démocratie (Austral, 1996)

Un Communisme insupportable : discours, figures, traces (L’Harmattan, 1997)

Le Corps de l’ennemi : hyperviolence et démocratie (La Fabrique, 1998)

La Paix barbare : essais sur la politique contemporaine (L’Harmattan, 2001)

Pour en finir avec la prison (La Fabrique, 2001)

La Démocratie immunitaire (La Dispute, 2003)

Le Serviteur et son maître : essai sur le sentiment plébéien (Éditions Léo Scheer, 2003)

La Résistance infinie (Lignes, 2006)

Ce qui fait époque : Philosophie et mise en récit du présent (L’Harmattan, 2007)

Le Sacre de la démocratie. Tableau clinique d’une pandémie (Anabet, 2007)

Bouffon Imperator’ (Nouvelles Éditions Lignes, 2008)

Le Grand Dégoût culturel (Le Seuil, 2008)

Tous Coupat Tous Coupables (Nouvelles Éditions Lignes, 2009)

Droit à la vie ? (Le Seuil, 2010)

Autochtone imaginaire, étranger imaginé : Retours sur la xénophobie ambiante (Éditions du souffle, 2012)

Les serviteurs sont fatigués (les maîtres aussi) (Editions L’Harmattan, 2013)

Le plébéien enragé (La Passager clandestin, 2013)

Information additionnelle