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Frères numains

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Florence Pazzottu

«… alors vous entendez, ça gronde, ça bombe le torse, ça tape du poing et ça sanctionne, les voyageurs sans billets, les profiteurs du rsa, les resquilleurs, les agités, agitateurs, les militants incontrôlables ça dit, ça fait des listes, les délinquants, les activistes, les intégristes, les fraîchement radicalisés, des djihadisés plus ou moins, et s’il y en a un, même un seul, qui, terroriste, l’est ou pourrait l’être, ça justifie toutes les écoutes ça dit, la mise en fiche de tous les autres, car c’est au nom de la Liberté qu’on conditionne les libertés, c’est pas pareil, après la flexisécurité voici la sûreté libérale, ça promet, ça promet des flingues aux vigiles, exit le privilège d’État, et tant pis si ça ouvre la porte aux polices privées, aux milices, ça nettoie, ça intensifie, ça hisse au rang de paradigme la lutte contre le terrorisme, toute la société scrutée, surveillée, mutique par solidarité…»

Cette harangue poétique, écrite d’un souffle le 8 mars 2016, participe au présent aux mouvements de colère pré-insurrectionnels (soulèvement de la jeunesse, «Nuit debout» – «La nuit n’a pas de bout, nous sommes l’aurore», lit-on sur une pancarte brandie lors d’une manifestation –, blocages, grèves, convergence des luttes ici et ailleurs…) nés de l’après 31 mars.

En postface, Bernard Noël répond avec énergie à ce «Discours aux classes intermédiaires». Écrit après le 31 mars, il lit ce texte en regard de l’actualité insurrectionnel et l’utilise pour offrir ici quelques pistes de réflexion. «Nous devons supporter ou combattre, mais combattre est illégal, sauf sous la forme de manifestations, de grèves. Ces jours-ci, le Pouvoir est devenu insupportable à force de brutalité, d’hésitations, d’imbécilité. Il se peut que la résistance entraine enfin tout naturellement sa chute. Cependant, j’ai compris que le désespoir n’est pas un sentiment, c’est un excrément – un déchet, celui de l’échec de la révolution, mais cette merde en bouche donne l’avantage d’être débarrassé de l’illusion, ce qui me permet d’applaudir ton défi de faire signe sans aucune réserve à un avenir – inouï…» Conclut-il.

Description produit

Florence Pazzottu

 

unnamedVit et travaille à Marseille – où elle est née. Poète et vidéaste. Également : dessine. Pratique volontiers

la lecture publique, seule ou en collaboration avec d’autres artistes.

 

De la même auteure, aux éditions Al Dante :

Hymne à l’Europe universelle (sic) (L’Amourier, 2001).

Chez d’autres éditeurs :

Petite, (L’Amourier, 2001).

Vers ce qui manque, in Venant d’où ? 4 poètes (Flammarion, 2002).

L’Accouchée (avec une postface d’Alain Badiou – Comp’Act, 2002).

L’Inadéquat (le lancer crée le dé) (Flammarion, coll. Poésie, 2005).

Sator… (Cadastre8zéro, coll. Donc, 2007).

La Place du sujet (Photos Giney Ayme – L’Amourier, coll. Carnets du panier, 2007).

La Tête de l’homme (Seuil, coll. Déplacements, 2008).

S’il tranche, (Inventaire/Invention, 2008).

L’espace blanc (Gare maritime – Maison de la poésie de Nantes, 2009).

Alors, (Flammarion, coll. Poésie, 2011).

Les Heures blanches (Atelier du Grand Tétras, 2013).

 

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