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Les citoyens manquants

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Cet essai réfléchit sur le concept de « citoyens manquants », en prenant comme point de départ les violences dans les banlieues françaises, et en se concentrant sur l’observation des migrations contemporaines et la construction des citoyennetés.

Ce concept s’inspire de celui, hérité de la sociologie indienne (Amartya Sen), de « femmes manquantes » : en effet, elle nomme ainsi toutes les fillettes et les femmes écartées par des avortements sélectifs, une malnutrition ciblée, voire par la mort.

Les citoyens manquants, ou encore les européens manquants, sont tous les migrants qui vont vers l’Europe, tous ceux morts à nos frontières attirés par des promesses qui ne leur étaient jamais destinées, mais également toutes les populations qui, à l’intérieur même de nos frontières, sont reléguées en marge de nos sociétés (errantes, ou habitantes des bidonvilles, ou encore cantonnées dans les «quartiers»).

Les citoyens manquants sont exposés par des opérateurs politiques croisés, tels que le «sexe», la «classe», la «race», les «migrations», la «langue», la «traduction», la «nation», les «frontières», les «banlieues», la «violence», la «laïcité», les «savoirs», le «sujet», qui sont autant de filtres de la domination, évoqués et étudiés ici.

Le fait de nommer les citoyens européens manquants rend visible une population occultée, mais, de fait, qui nous est constitutive.

Ce concept de « citoyens manquants » donne chair à une citoyenneté de l’avenir.

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BIOGRAPHIE

 

rada_ivekovicRada Iveković, philosophe et indianiste repentie avec formation linguistique, démarche politique et féministe, est née à Zagreb en 1945. Elle a fait ses études à Belgrade, Zagreb et à Delhi. Elle a enseigné la philosophie au Département de philosophie de l’Université de Zagreb de 1975 jusqu’en 1991. Après un semestre à l’Université de Paris-7, elle a enseigné au Département de philosophie de l’Université de Saint-Denis (Paris-8) de 1992-2003. Elle a enseigné à l’Université de Saint-Étienne, a été directrice de programme au Collège international de philosophie, Paris, où elle continue à faire cours de temps en temps (séminaire « Quand le Sud global aide à penser et dire le monde commun », avec Rémy Bazenguissa-Ganga et Kadya Tall, année 2014/2015). Elle a été professeure invitée, notamment dans les universités de Paris-7 Jussieu, de Pennsylvania (Philadelphie), de Johns Hopkins (Baltimore), de Graz, de Rome-La Sapienza, ainsi que « senior visiting fellow » au Asia Research Institute de la National University of Singapore (2013). Elle est l’auteure d’une vingtaine de livres de philosophie, d’indianisme et de contre-indianisme, d’essais variés, de quelques manuels et de nombreux articles en plusieurs langues.

De la même auteure (en langue française) :

Orients : critique de la raison postmoderne (Noël Blandin, 1992)

Le Sexe de la philosophie. Jean-François Lyotard et le féminin (L’Harmattan, 1997)

Bénarès. Essai d’Inde (L’Harmattan, 2001)

Dame nation. Nation et différences des sexes (Longo Editore, Ravenne, 2003)

Le Sexe de la nation (Léo Scheer, 2003)

L’éloquence tempérée du Bouddha. Souveraineté et dépossession de soi (Klincksieck, 2015)

Les citoyens manquants (Al Dante, 2015)

Réfugié-e-s : les jetables (Al Dante, 2016)

Pour plus d’info (biblio complète et lecture de textes), consultez le site reseau-terra

Information additionnelle